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Roland Lescure met en garde contre la "sorcellerie fiscale" et les mesures "inopérantes" votées par les députés sur le budget 2026, appelant à un équilibre budgétaire.

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, Roland Lescure, a exprimé de vives inquiétudes quant aux mesures fiscales adoptées par les députés lors de l’examen du projet de budget 2026. Dans une interview à La Tribune Dimanche, publiée le samedi 1er novembre, il a qualifié certaines de ces propositions de « sorcellerie fiscale » et d’« inopérantes », soulignant leur potentiel à compromettre l’équilibre budgétaire du pays.

Depuis le début des débats à l’Assemblée nationale, plusieurs amendements visant à augmenter la taxation des entreprises ont été votés. Roland Lescure a plaidé pour un « budget de compromis », insistant sur la nécessité de concilier « sérieux budgétaire et stabilité politique ». Il a fermement déclaré que « tout n’est pas acceptable », critiquant notamment une taxe sur les bénéfices des multinationales qu’il estime « inapplicable ». Selon lui, vouloir « exporter notre problème de déficit » et chercher « 30 milliards d’euros de recettes magiques » mènerait en réalité à « 30 milliards d’ennuis magiques ».

Le ministre a également mis en garde contre une éventuelle remise en question du pacte Dutreil, un dispositif crucial pour la transmission familiale des entreprises. Il a appelé à ne pas « brader les entreprises françaises », qualifiant ce pacte d’« outil essentiel de la préservation du capitalisme familial à la française ». Bien qu’il se montre ouvert à corriger certains « excès » du dispositif, il a averti qu’une modification trop radicale pourrait « tirer une balle dans le pied » de l’économie nationale.

Le pacte Dutreil est critiqué par certains, notamment le Parti Socialiste, qui y voit une niche fiscale favorisant la diminution des droits de succession. Selon Le Monde, citant un rapport de la Cour des comptes, ce dispositif aurait entraîné une perte de recettes fiscales de 5,5 milliards d’euros en 2024. Les mesures votées jusqu’à présent élèvent le taux de prélèvements obligatoires à 45,1 % du PIB, un niveau supérieur à celui de 2013 (44,8 %), selon la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin. Ce chiffre n’intègre pas encore l’impact de l’impôt sur la fortune improductive voté récemment.