
Le Parti des réformateurs (D66, gauche libérale) a remporté les élections législatives aux Pays-Bas, selon les projections de l’agence de presse locale, ANP. Cette victoire place son leader, Rob Jetten, en bonne position pour devenir le plus jeune dirigeant de la cinquième économie européenne. Jetten, 38 ans, s’est félicité d’un « résultat historique pour le D66 », exprimant sa joie d’être devenu le premier parti, tout en ressentant une grande responsabilité. Il a également déclaré que ce résultat démontrait la possibilité de « battre les mouvements populistes en menant campagne avec un message positif pour son pays », et que sa priorité était de former un gouvernement « stable et ambitieux ».
Le leader du Parti pour la liberté (PVV, extrême droite), Geert Wilders, a contesté cette annonce, reprochant à Jetten son arrogance et ne souhaitant pas que le D66 « démantèle les Pays-Bas ». Wilders a également évoqué des allégations non étayées d’irrégularités électorales, comme des votes non comptabilisés à Maastricht ou des urnes disparues à Zaanstad. Les projections de l’ANP, reprises par plusieurs médias néerlandais, confirment néanmoins l’avance de Jetten, avec une très courte avance de 14 081 voix sur Wilders, bien que les résultats officiels ne soient pas attendus avant la semaine prochaine.
Le processus de formation d’une coalition s’annonce complexe, nécessitant une majorité d’au moins 76 sièges sur les 150 que compte le Parlement. Les pistes privilégiées incluent une alliance avec le parti de centre droit CDA (18 sièges), le parti libéral VVD (22 sièges) et l’alliance de gauche GroenLinks-PvdA (20 sièges). Le D66 de Jetten, avec 26 sièges (potentiellement 27 après le décompte final), voit ce résultat comme un appel des électeurs à une « collaboration au centre ». Cependant, des désaccords persistent, notamment entre le VVD et les GroenLinks-PvdA, ce qui pourrait compliquer les négociations. Un nouveau leader pour GroenLinks-PvdA pourrait faciliter un partenariat, surtout après la démission de Frans Timmermans.
Malgré l’effritement du soutien à Wilders, d’autres partis d’extrême droite ont progressé, comme le Forum pour la démocratie (FvD), qui double son nombre de députés, et le parti JA21, passant d’un à neuf sièges. Wilders a d’ailleurs exclu toute collaboration avec le FvD, le jugeant trop extrémiste. La scène politique néerlandaise est donc marquée par un paysage fragmenté, nécessitant des alliances délicates pour former un gouvernement stable.






