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La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) préconise la fermeture partielle de l'EPM de Marseille en raison de conditions d'incarcération "gravissimes", dénonçant des dysfonctionnements et un manque de personnel.

La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a préconisé la fermeture, au moins partielle, de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Marseille-La Valentine. Cette recommandation, jugée « très rare », intervient face au « caractère gravissime » des conditions d’incarcération constatées. Dominique Simonnot, la contrôleuse, a souligné la nécessité de prendre des mesures urgentes pour remédier à l’indignité des conditions matérielles et aux conséquences de la démobilisation du personnel pénitentiaire et éducatif.

En réponse, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé avoir « diligenté une inspection de l’établissement confiée à l’inspection générale de la justice ». La prison, qui compte 59 places pour des garçons de 13 à 18 ans, a fait l’objet d’une inspection du 7 au 11 juillet, révélant de nombreux dysfonctionnements et des atteintes graves aux droits des adolescents détenus. Des travaux de « réfection progressive des cellules » sont prévus, mais le ministre attribue les dégradations aux « fortes dégradations » commises par la population pénale mineure.

Le rapport de la CGLPL décrit des cellules aux murs couverts de graffiti, des salles d’eau sans portes, et des matelas en mauvais état. De plus, les mineurs n’ont pas accès à des produits d’hygiène distribués et les appels téléphoniques sont à des tarifs jugés « prohibitifs ». La contrôleuse a également dénoncé un procédé « dégradant » de « mise en grille », une pratique consistant à enfermer des adolescents dans des locaux barreaudés, sans surveillance continue. Cette pratique, qui peut durer jusqu’à cinq heures, a été « immédiatement et définitivement proscrite » par le ministre.

Dominique Simonnot a également critiqué le fait que ces « enfants sont laissés à l’abandon, enfermés vingt-trois heures sur vingt-quatre », déplorant un manque criant de professeurs et de surveillants. Des syndicalistes ont confirmé ces constats, soulignant le manque de personnel et un « management toxique ». Les EPM, ouverts en 2007 pour améliorer les conditions de détention des mineurs, souffrent aujourd’hui d’un fort taux d’absentéisme du personnel, entraînant un « surenfermement » et la privation de scolarité, selon la CGLPL et l’Observatoire international des prisons.