
Les transports en commun, qu’il s’agisse du métro londonien ou du RER parisien, sont de plus en plus souvent le théâtre d’incivilités sonores. Téléphones en haut-parleur, musique à volume élevé et conversations bruyantes perturbent la tranquillité des voyageurs, suscitant l’agacement général. Des internautes dénoncent régulièrement ces comportements sur les réseaux sociaux, jugeant « fou » d’écouter un appel en haut-parleur dans un espace partagé.
Face à cette problématique grandissante, Transport for London (TfL) a lancé une campagne ciblée contre les « headphone dodgers » – ceux qui écoutent de la musique sans casque. Dès l’automne, des affiches sur la Elizabeth Line et d’autres lignes rappelleront l’interdiction de chanter ou de jouer de la musique sans licence. TfL insiste sur le respect mutuel et peut recourir à des sanctions, allant de l’expulsion du réseau à des poursuites judiciaires.
Les usagers britanniques sont partagés. Certains saluent l’initiative, estimant qu’« il était temps » de rappeler les règles de civilité post-pandémie. D’autres, moins concernés, pensent qu’il faut « faire avec » et que des problèmes plus urgents existent.
En France, la législation est claire : l’article R2241-18 du Code des transports interdit les appareils sonores. Le Code pénal sanctionne le trouble à la tranquillité d’autrui (article 222-16), avec une amende pouvant atteindre 450 euros pour tapage diurne selon l’article R. 1336-7 du Code de la santé publique.
Malgré l’existence de ces textes, leur application demeure ponctuelle. Un sondage Transilien SNCF Voyageurs de 2023 a révélé que huit Franciliens sur dix sont gênés par les incivilités dans les trains, un chiffre qui monte à 85% chez les 25-32 ans et 50-64 ans. Pour sensibiliser, Transilien a mené des campagnes humoristiques en 2023 et 2024, invitant à « désactiver le haut-parleur de son téléphone ». La SNCF peut infliger une amende de 60 euros pour « trouble de la tranquillité » dans les transports publics ferroviaires.
Cependant, l’efficacité de ces campagnes est discutée. Beaucoup de voyageurs déplorent le manque de personnel pour faire respecter les règles, estimant que la sensibilisation seule ne suffit pas à modifier les comportements.