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La ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, renforce la lutte contre l'usage du portable au collège, un âge jugé trop précoce par les experts. Des études récentes alertent sur les dangers du smartphone avant 13 ans pour la santé mentale des jeunes, poussant à une réflexion sur l'accompagnement parental et les alternatives numériques.

La ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, a annoncé lors de sa conférence de rentrée la généralisation du dispositif « portable en pause » pour lutter contre l’usage des téléphones portables au collège. Malgré une loi de 2018 interdisant déjà les mobiles, cette mesure vise à renforcer son application en contraignant les élèves à laisser leurs appareils dans des casiers ou mallettes. La suspension des mises à jour des outils numériques comme Pronote le soir et le week-end est également prévue.

Ces annonces s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’âge d’acquisition des smartphones. En France, les enfants reçoivent leur premier smartphone en moyenne à 11 ans et quatre mois selon une étude d’octobre 2024, bien que des études antérieures situaient cet âge autour de 9 ans et 9 mois. Ce chiffre est jugé trop précoce par de nombreux experts, notamment la psychologue pour enfants Lénaïg Steffens, qui préconise d’attendre l’entrée au lycée.

Un rapport d’experts d’avril 2024, intitulé « Enfants et écrans, à la recherche du temps perdu », commandité par Emmanuel Macron, propose des mesures concrètes. Il recommande notamment de ne pas donner de téléphone portable avant 11 ans, ni de smartphone avec accès à Internet avant 13 ans, et de limiter l’accès aux réseaux sociaux à partir de 15 ans, en privilégiant des « réseaux éthiques ». Ces préconisations sont renforcées par une étude de 2025 parue dans le Journal of Human Development and Capabilities. Cette étude, menée sur plus de 100 000 jeunes, révèle que ceux ayant reçu un smartphone avant 13 ans présentent des risques accrus de pensées suicidaires, d’agressivité, de troubles du sommeil et d’estime de soi réduite.

Face à ce constat, des alternatives existent, comme les téléphones sans accès aux réseaux sociaux. Cependant, l’Observatoire de la parentalité et du numérique, par la voix de son directeur Thomas Rohmer, souligne que cette solution hybride peut être mal perçue par les enfants, qui cherchent à maintenir un lien social avec leurs amis. Il préconise plutôt un accompagnement éducatif encadré, avec un contrôle parental et une limitation d’accès aux réseaux sociaux. Pour la psychologue Lénaïg Steffens, il est essentiel de « redynamiser la vie familiale » et de proposer des activités alternatives pour que l’enfant se détache de son portable, rappelant que les parents sont là pour décider ce qui est bon pour leurs enfants.