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Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes sur des violences présumées dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. Ce scandale a entraîné la suspension de 78 agents et la mise en place d'un plan d'action de 20 millions d'euros par la Mairie de Paris.

Le parquet de Paris a ouvert des enquêtes sur de possibles violences affectant un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches dans la capitale. Cette information a été confirmée par la procureure de Paris, Laure Beccuau. Actuellement, ces investigations ont déjà mené à trois ouvertures d’informations judiciaires et cinq convocations devant le tribunal correctionnel. Un animateur a même été placé en détention provisoire, soulignant la gravité de la situation.

Laure Beccuau a qualifié ce dossier d’« urgence absolue », insistant sur la charge de travail conséquente pour la brigade criminelle, qui gère également les dossiers d’inceste. L’ensemble des arrondissements parisiens seraient concernés par ces enquêtes, portant sur des accusations de violences sexuelles et de mauvais traitements envers les enfants.

Depuis le début de l’année 2026, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus dans les établissements scolaires, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Ces chiffres alarmants révèlent un caractère « systémique » des violences, comme l’a indiqué Emmanuel Grégoire, le nouveau maire socialiste de Paris.

Face à l’ampleur du scandale, Emmanuel Grégoire a lancé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le secteur périscolaire, qu’il a érigé en « priorité absolue » de son mandat. Ce plan vise à simplifier la chaîne de signalement grâce à une cellule d’écoute dédiée et à garantir une « transparence totale » aux familles. Il prévoit également une professionnalisation de la filière, majoritairement composée de 14 000 animateurs vacataires à Paris.

Les parents, soutenus par des collectifs comme SOS Périscolaire et #MeTooEcole, continuent de réclamer des mesures plus fortes, et ce, à l’échelle nationale. Ces collectifs appellent à une approche interministérielle pour faire face à ce problème qui, selon eux, s’étend au-delà de Paris. Les syndicats de la profession, de leur côté, dénoncent une « politique de répression » de la municipalité et des « suspensions automatiques » dans un secteur déjà en « sous-effectif chronique », et ont appelé à la grève jusqu’au 22 mai.