
Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, une décision qui a créé des remous dans la classe politique. Si les élus de La France insoumise (LFI) affichent un soutien fervent et un optimisme certain, le reste de l’échiquier politique se montre bien plus critique. Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne, se dit convaincue d’une qualification au second tour et d’une victoire finale, affirmant que LFI est « prêt à gouverner ». Louis Boyard, également député du Val-de-Marne, a exprimé sur X son enthousiasme : « Trois fois candidat, la 4ème sera la bonne : dans un an il sera président ! ». Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, justifie cette candidature par la « solidité et la ténacité » de Mélenchon face à la « saison de tempête » actuelle.
Cependant, cette quatrième candidature suscite de nombreuses réserves. Raquel Garrido, ex-porte-parole de LFI, la qualifie de « candidature de trop » et critique la thèse mélenchoniste selon laquelle le Rassemblement National (RN) pourrait être absent du second tour, y voyant un « déni » et un risque de division pour la gauche. Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, estime que Mélenchon « n’était pas un bon candidat » et qualifie sa déclaration sur le RN de « faute politique ». Arthur Delaporte, député PS du Calvados, regrette la centralisation autour de la personne de Mélenchon : « Celui qui avait annoncé en 2022 vouloir être remplacé dit ce soir – surprise ! – qu’il y a lui, rien que lui et surtout lui ».
Le mode de sélection du candidat LFI est également mis en cause, jugé opaque et peu démocratique. Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, a ironisé sur X : « Jean-Luc Mélenchon est choisi après un suspense insoutenable par les cadres nommés par Mélenchon Jean-Luc ». Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a rétorqué qu’il y avait eu une « unanimité » pour cette candidature au sein de l’intergroupe. Manuel Bompard a précisé que la « possibilité d’une alternative » existait, mais qu’aucun autre candidat ne s’était présenté.
Dans le bloc central, Nathalie Loiseau, eurodéputée Renew, redoute un « pire scénario » d’un second tour opposant le RN à Jean-Luc Mélenchon, estimant que l’élection de ce dernier « détruirait le projet européen ». Michel-Édouard Leclerc, quant à lui, observe avec humour qu’il y a « du monde sur le chemin de Compostelle » mais que « les projets collectifs n’émergent pas ». À droite, Nicolas Dupont-Aignan dénonce un « projet mortifère et communautariste » de Mélenchon, tandis que Sarah Knafo de Reconquête le perçoit comme l’adversaire principal de sa formation, critiquant ses positions sur le « grand remplacement » et le « blocage des prix ».






