
Face à la recrudescence des ingérences étrangères, notamment numériques, affectant les scrutins démocratiques, Clément Beaune et Nathalie Loiseau préconisent la mise en place d’un « nouveau bouclier démocratique français et européen ». Cette initiative vise à contrer les opérations de déstabilisation et de désinformation menées par des régimes autoritaires, dont l’impact est amplifié par les outils numériques et les tensions géopolitiques actuelles.
Les ingérences étrangères sont définies comme l’immixtion malveillante d’un État dans les affaires d’un autre, cherchant à influencer la vie démocratique et à saper ses fondements. Des pratiques comme l’usurpation d’identité, la création de faux reportages ou l’instrumentalisation de l’IA générative pour produire des contenus trompeurs sont devenues courantes. Par exemple, l’opération pro-russe Storm-1516 lors des législatives anticipées de juillet 2024 avait créé un faux site promettant une prime de 100 euros aux électeurs en échange de leur vote.
Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, et Nathalie Loiseau, présidente de la commission spéciale sur le bouclier européen de la démocratie du Parlement européen, insistent sur la nécessité d’une réponse accrue. Ils ont présenté une note détaillant leurs propositions pour mieux lutter contre ces menaces. Le Parlement européen a déjà créé une commission spéciale sur le « bouclier européen de la démocratie », présidée par Nathalie Loiseau, pour protéger l’UE contre les ingérences et la désinformation.
Des efforts sont déjà en cours, à l’instar de Viginum en France, qui a recensé 25 tentatives d’ingérence numérique depuis 2020. Un réseau de coordination et de protection des élections (RCPE) a également été mis en place pour détecter ces opérations et activer des leviers de réponse, incluant l’information des campagnes et la dénonciation publique. Cependant, l’intensification des menaces due aux avancées technologiques et aux algorithmes de ciblage rend cette nouvelle approche indispensable.






