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Désigner son conjoint comme bénéficiaire unique d'une assurance-vie peut créer un « cadeau empoisonné ». Anticipez le réinvestissement du capital pour une transmission optimale.

L’assurance-vie, souvent perçue comme un outil de protection pour le conjoint survivant, peut parfois se transformer en un véritable casse-tête fiscal si elle n’est pas gérée avec prévoyance. En désignant votre conjoint comme unique bénéficiaire, vous lui assurez un capital, mais il est crucial d’anticiper les solutions pour son réinvestissement afin d’éviter des complications ultérieures.

La clause bénéficiaire standard, « mon conjoint, à défaut mes enfants… », rend l’époux bénéficiaire exclusif du capital. S’il souhaite ensuite transmettre ce capital aux enfants dans des conditions fiscales avantageuses, la seule option reste le réinvestissement dans une nouvelle assurance-vie, même après 70 ans. Cependant, si le conjoint dépasse les 85 ans, il pourrait se heurter au refus des compagnies d’assurances, le contraignant alors à opter pour un contrat de capitalisation, selon Sophie Giraud-Marchan, directrice de l’ingénierie patrimoniale chez Natixis Wealth Management. Il est important de savoir qu’un contrat de capitalisation, bien que similaire à l’assurance-vie sur le plan financier, sera intégré à la succession et donc soumis aux droits de succession.

Une approche différente consiste à prévoir dans la clause bénéficiaire que le capital revienne en usufruit au conjoint et en nue-propriété aux enfants. Cette méthode permet au capital d’être versé intégralement à l’époux au moment du décès, tout en offrant une meilleure optimisation pour la transmission future. Il est donc essentiel de bien réfléchir à la rédaction de cette clause pour s’assurer que les fonds bénéficient pleinement à ceux que l’on souhaite protéger, sans engendrer de fardeau fiscal inattendu.