Robert-Boulin-1979
L'affaire Robert Boulin, ministre de Giscard retrouvé mort en 1979, est rouverte par le pôle « cold cases » de Nanterre, ravivant l'espoir de faire la lumière sur ce qui pourrait être un assassinat politique. De nombreux mystères entourent son décès, ainsi que d'autres morts suspectes de la Ve République.

Quarante-sept ans après les faits, l’affaire Robert Boulin, ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d’Estaing, est ravivée par sa transmission au pôle « cold cases » de Nanterre. Retrouvé mort en forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979, son décès, officiellement classé comme un suicide, a toujours été entouré de profonds doutes. Sa fille, Fabienne Boulin-Burgeat, mène un combat inlassable pour que la vérité éclate, estimant qu’il s’agit d’un « assassinat politique ».

Les zones d’ombre persistent : pourquoi le visage de Robert Boulin était-il ensanglanté ? Qu’en est-il de cette entaille au poignet dissimulée ? Pourquoi la machine à écrire du ministre est-elle restée sans scellés pendant sept jours ? Où sont passées les milliers de pièces manquantes au dossier ? Ces questions, et bien d’autres, ont nourri les soupçons et empêché l’affaire de tomber dans l’oubli. La décision de confier le dossier au pôle national des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre offre un nouvel espoir à la famille Boulin, dans cette véritable « course contre la montre » face à la disparition des témoins.

L’histoire de la Ve République est jalonnée de décès étranges et de disparitions mystérieuses de personnalités politiques, fonctionnaires ou magistrats. Au-delà de l’affaire Boulin, d’autres noms résonnent comme le juge Renaud (1975), Jean de Broglie (1976), ou Joseph Fontanet (1980), dont les morts ont donné lieu à d’interminables feuilletons judiciaires.

Le pôle « cold cases » de Nanterre, créé en mars 2022, a pour mission de centraliser et coordonner les enquêtes sur les crimes non élucidés, offrant une chance nouvelle à des dossiers que le temps a fragilisés. Cette initiative vise à empêcher que des affaires sans réponse ne restent figées, facilitant le rapprochement entre des faits parfois séparés de plusieurs années.