
La diaspora tibétaine vote ce dimanche pour le second tour de l’élection de son gouvernement en exil. Ce scrutin, qui se déroule dans 27 pays à travers le monde, intervient à un moment crucial où la communauté s’interroge sur son avenir, notamment en raison de l’âge avancé du Dalaï-Lama, leur chef spirituel de 90 ans. Le premier tour, qui s’est tenu le 1er février, a permis de sélectionner les candidats, et les résultats définitifs sont attendus le 13 mai.
L’Administration Centrale Tibétaine (CTA), dont le siège est en Inde, constitue l’institution principale pour les Tibétains en exil. Son rôle est devenu particulièrement prépondérant depuis 2011, date à laquelle le Dalaï-Lama a transféré toutes ses responsabilités politiques au gouvernement élu. Tenzin Tsering, un jeune votant de 19 ans à Bylakuppe, en Inde, souligne l’importance de ce vote : « Notre vote compte. Nous avons besoin de voix qui reflètent la direction que prend notre communauté, pas seulement d’où elle vient. »
La CTA est composée de 45 parlementaires qui représentent les trois provinces traditionnelles tibétaines, les cinq principales traditions religieuses et la diaspora mondiale. Environ 150 000 Tibétains vivent en exil, et sur les 91 000 électeurs inscrits, plus de la moitié résident en Inde, au Népal ou au Bhoutan. Le reste de la diaspora est réparti principalement aux États-Unis et en Europe, formant une petite partie des six millions de Tibétains recensés dans le monde.
Cette élection se déroule malgré la ferme opposition de la Chine. Le Dalaï-Lama, réfugié en Inde depuis l’écrasement du soulèvement tibétain par les troupes chinoises en 1959, maintient que son successeur sera désigné selon la tradition. Pékin, pour sa part, insiste sur sa prérogative d’approuver tout futur chef bouddhiste, qualifiant le « prétendu “gouvernement tibétain en exil” » de « groupe politique séparatiste ». Penpa Tsering, l’actuel « sikyong » (dirigeant) du gouvernement, a été réélu au premier tour et continue de défendre la politique de la « voie médiane » du Dalaï-Lama, qui vise une autonomie plutôt qu’une indépendance totale du Tibet.






