
Plus d’un mois après le début du conflit entre Israël et l’Iran (le 28 février 2026), l’efficacité des systèmes de défense antimissile israéliens et américains est remise en question face à la multiplication des projectiles iraniens. Tsahal affirme avoir « intercepté » 92 % des missiles balistiques lancés par Téhéran. Cependant, de nombreux missiles et drones ont réussi à atteindre le territoire israélien, soulevant des interrogations sur la robustesse et l’endurance de ce bouclier.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a qualifié la situation de « très difficile ». Le 21 mars, deux missiles iraniens se sont écrasés à Arad et Dimona, cette dernière abritant un centre de recherche nucléaire militaire, qui n’a pas été touché. Ces frappes ont blessé au moins 175 personnes dans les deux localités. Un expert en stratégie, Joseph Henrotin, a souligné sur X l’aspect « inimaginable » d’une telle attaque sur Dimona il y a quelques semaines encore. Le 1er mars, un missile iranien a fait neuf morts civils et 65 blessés à Beit Shemesh, touchant une synagogue et des habitations. Un missile s’est également abattu au cœur de Tel-Aviv le 22 mars, portant à une douzaine le total des blessés en Israël pour cette seule journée.
Depuis le début des hostilités, l’Iran a tiré plus de 470 missiles balistiques, dont certains à fragmentation, sur Israël. Malgré un taux d’interception de 92 %, ce chiffre démontre que les défenses ne sont pas infaillibles. Les systèmes de défense israéliens comprennent plusieurs couches : le Dôme de fer pour les roquettes et drones de courte portée, la Fronde de David pour les missiles de moyenne portée, et les systèmes Arrow 2 et Arrow 3 pour les missiles de longue portée, opérant au-delà de l’atmosphère terrestre. Le système américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) a également été déployé en Israël pour renforcer la protection contre les missiles balistiques.
Les inquiétudes grandissent quant à l’épuisement des stocks de munitions d’intercepteurs, en particulier ceux de longue portée, alors que le conflit entre dans sa cinquième semaine. Bien que l’armée israélienne ait démenti une pénurie, des analystes s’interrogent sur la capacité à maintenir ce rythme d’interception sur le long terme. Les États-Unis, principal allié d’Israël, fournissent une aide militaire significative et coopèrent étroitement dans le développement de programmes de défense. Néanmoins, la multiplication des frappes iraniennes, incluant l’utilisation d’armes à sous-munitions jugées illégales par Human Rights Watch, met à rude épreuve l’endurance des boucliers défensifs.






