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La guerre en Iran entraîne un épuisement rapide des stocks de missiles de haute technologie américains, israéliens et français, soulevant des inquiétudes sur la capacité de réapprovisionnement et les coûts exorbitants.

La guerre en Iran, débutée le 28 février, révèle une consommation alarmante de missiles de haute technologie, entraînant un épuisement rapide des arsenaux américain, israélien et français. Le destroyer USS Spruance, en mer d’Arabie, a notamment tiré plusieurs missiles Tomahawk le 3 mars dernier. Selon le Washington Post, plus de 850 de ces projectiles ont été lancés depuis le début du conflit, un chiffre qui dépasse l’utilisation combinée des deux premières guerres du Golfe (288 en 1991 et 803 en 2003). Cette cadence représente un coût faramineux de trois milliards de dollars, soit 3,6 millions par tir.

Les stocks de Tomahawk, estimés entre 3 000 et 3 200 avant le 28 février, sont mis à rude épreuve. Le Pentagone prévoit de ne recevoir que 190 missiles de ce type en 2026, une quantité jugée insuffisante pour reconstituer rapidement l’arsenal et faire face à d’autres théâtres d’opérations.

La situation est similaire pour les systèmes de défense israéliens. Le Payne Institute for Public Policy rapporte que Tsahal a utilisé 122 de ses 150 missiles Arrow 2 ou 3 contre les projectiles balistiques iraniens, soit 81,3% de ses réserves, en seulement seize jours de conflit. Le Wall Street Journal a même évoqué une limitation de leur utilisation par l’État hébreu. De plus, l’armée israélienne a consommé 22 missiles intercepteurs THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), représentant 45,8% de son stock, et 135 des 250 projectiles du système de défense « Fronde de David » (54%), moins onéreux. Ces chiffres soulignent la pression intense sur les systèmes de défense avancés d’Israël.

Les pays du Golfe ne sont pas épargnés. Hors Arabie saoudite, les monarchies comme le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït ou Bahreïn ont utilisé 1 285 missiles intercepteurs Patriot (PAC3) en seize jours, alors qu’elles n’en possèdent que 4 000. À ce rythme, leurs stocks pourraient être épuisés d’ici fin avril. Même la France, bien que non directement impliquée dans le conflit, participe à la défense d’Abou Dhabi. Les Rafale de la base aérienne Al-Dhafra ont tiré 87 missiles MICA pour abattre principalement des drones Shahed-136 iraniens. Avec un stock de 320, la question de l’approvisionnement se pose également. Le coût de ces projectiles, entre 700 000 et 800 000 euros chacun, face à des drones coûtant moins de 50 000 dollars, met en lumière un déséquilibre économique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ailleurs annoncé de nouvelles commandes de munitions le 25 mars, dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire (LPM).