
La guerre au Moyen-Orient engendre des pertes considérables en pétrole et en gaz, menaçant la sécurité énergétique mondiale. Le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale, a vu transiter un quart du commerce mondial de pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) en 2025. Un mois après son début le 28 février, le conflit prive quotidiennement les marchés d’environ 11 millions de barils de brut et de produits pétroliers, soit plus de 10 % de la consommation mondiale, ainsi que d’environ 300 millions de mètres cubes de GNL. Ces chiffres pourraient encore augmenter alors que les monarchies pétrolières du Golfe réduisent leur production. L’Iran, en revanche, continue d’exporter son pétrole presque normalement.
Le retour à la normale s’annonce particulièrement chaotique. Si le trafic des navires-citernes et l’activité des raffineries et usines de gaz du golfe Arabo-Persique ont été paralysés en quelques jours, le rétablissement complet de la production et des flux pourrait prendre des mois, voire des années. Le conflit a causé au moins 25 milliards de dollars de dommages aux infrastructures énergétiques de la région, selon Rystad Energy, avec des délais de remise en état pouvant aller jusqu’à cinq ans. Cette situation risque d’entraîner des effets en cascade sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, affectant notamment les industries énergivores comme la chimie, qui dépendent fortement du gaz et du pétrole pour leurs productions.
Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a qualifié cette crise de « la plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l’histoire ». Les prix du pétrole et du gaz ont d’ailleurs connu des hausses significatives depuis le début du conflit, avec le baril de Brent augmentant de près de 60 % et les prix du gaz doublant par rapport aux niveaux d’avant-crise. La situation met en lumière la dépendance mondiale aux hydrocarbures et pourrait accélérer la transition énergétique vers des sources plus durables, bien que des défis économiques et géopolitiques persistent.






