
Le gouvernement français a récemment interpellé l’Ordre national des médecins, lui demandant d’examiner la possibilité d’une dissolution de son antenne parisienne. Cette décision fait suite à un rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF) qui met en lumière de graves irrégularités dans la gestion financière et l’exercice du pouvoir disciplinaire de l’ordre parisien. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a formellement demandé à l’Ordre national de vérifier si les conditions d’une dissolution du Conseil départemental de l’ordre des médecins de Paris (CDOM 75) sont réunies, et de proposer, si nécessaire, une décision au directeur général de l’ARS Île-de-France.
Le rapport de l’IGF, qui a également concerné les ordres des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes de Paris, révèle « des irrégularités dans la gestion financière : indemnités et défraiements insuffisamment justifiés, dépenses élevées et insuffisamment contrôlées, faiblesse du pilotage territorial des ressources et du patrimoine, ainsi que des manquements aux règles de la commande publique ». Au-delà des aspects financiers, le ministère de la Santé pointe également des « défaillances majeures dans l’exercice des missions disciplinaires ». Des signalements et condamnations pénales, y compris pour des faits graves, n’auraient pas fait l’objet de suites appropriées ou auraient été traités avec des délais excessifs, compromettant la protection des patients et des praticiens.
Face à ces dysfonctionnements, un « plan d’action structurant » a été lancé sous l’égide de l’Inspection générale des affaires sociales. Ce plan vise à corriger rapidement les problèmes identifiés et à refonder durablement le cadre d’intervention des ordres. Des premières mesures concrètes sont attendues dès le mois de mai. Le président de l’Ordre national des médecins, Stéphane Oustric, a d’ailleurs indiqué qu’une inspection interne de l’ordre parisien était déjà en cours, complétée par des audits externes financier et des ressources humaines, ainsi qu’un renforcement du commissaire aux comptes, démontrant une prise de conscience et une volonté de réforme.







