meningitis-global-health
Malgré les progrès de vaccination, la méningite a causé 2,5 millions de cas et 259 000 décès en 2023, principalement en Afrique. L'OMS vise une réduction drastique.

Malgré des avancées significatives grâce aux campagnes mondiales de vaccination, la méningite bactérienne continue de représenter un défi majeur de santé publique. Un rapport publié le 28 mars dans The Lancet Neurology souligne que le fardeau de cette maladie reste considérable à travers le monde. En 2023, environ 2,54 millions de cas de méningite ont été recensés, entraînant le décès de 259 000 personnes. Plus d’un tiers des victimes étaient des enfants de moins de 5 ans, principalement en Afrique.

Cette étude, présentée comme la plus exhaustive à ce jour et évaluant 17 pathogènes différents, fournit des estimations qui, bien que jugées pertinentes, comportent une marge d’incertitude. Les scientifiques estiment que le nombre de décès en 2023 se situe entre 202 000 et 335 000, et le nombre de cas entre 2,2 millions et 2,93 millions.

La méningite est une infection qui affecte la moelle épinière et les méninges, les fines membranes qui entourent le cerveau. Elle peut être causée par divers virus, bactéries ou champignons. La méningite bactérienne, plus rare et grave que sa forme virale, peut être fatale en seulement vingt-quatre heures si elle n’est pas traitée rapidement. Récemment, l’Angleterre a connu une épidémie avec 22 cas d’infection invasive à méningocoque B et deux décès, ce qui a conduit à l’administration de près de 11 000 vaccins et 14 000 doses d’antibiotiques.

Depuis l’an 2000, l’intensification des efforts de vaccination mondiale a significativement réduit le nombre d’infections et de décès. Cependant, les progrès observés sont moindres comparés à ceux d’autres maladies. Les pays les plus pauvres, en particulier ceux de la « ceinture africaine de la méningite », qui s’étend du Sénégal à l’Éthiopie, enregistrent les taux de mortalité et d’infection les plus élevés. Le Nigeria, le Tchad et le Niger ont été particulièrement affectés par cette maladie dévastatrice.

Les principaux facteurs de risque identifiés pour un décès par méningite incluent un faible poids à la naissance, une naissance prématurée et la pollution de l’air. Les progrès actuels sont insuffisants pour atteindre les objectifs fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui vise une réduction de 50 % des cas et de 70 % des décès de méningite d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2015. Le rythme actuel de diminution des cas et des décès est deux fois plus lent que nécessaire, selon les scientifiques, dont les estimations proviennent des données du Global Burden of Disease, un programme soutenu par la Fondation Gates. De plus, de nombreux décès liés à la méningite ne sont pas déclarés, surtout dans les régions défavorisées.