
La guerre imposée à l’Iran par les États-Unis et Israël pourrait connaître une inflexion majeure d’ici au 28 mars. Un mois après le début de cette attaque conjointe, le second ultimatum que s’est fixé Donald Trump arrivera en effet à son terme. Il reviendra alors au président des États-Unis de choisir entre deux options dont aucune ne présente une garantie de succès.
La première serait d’annoncer la fin de la guerre en avançant que les objectifs militaires des États-Unis ont été remplis. Donald Trump peut soutenir que l’assassinat du Guide suprême, Ali Khamenei, a répondu aux massacres par le régime iranien, en janvier, des manifestants qui demandaient sa fin. Il peut rappeler que la direction politique et militaire iranienne a été décimée, tout comme son arsenal balistique et sa marine, et que l’Iran est donc plus affaibli que jamais.
Cette option n’est pas sans défauts. S’il reste en place, le régime iranien sera certainement déterminé à reconstituer ses forces, voire à reprendre clandestinement son programme nucléaire. Ce sera d’autant plus le cas s’il est vérifié que la stratégie de décapitation israélienne a renforcé la ligne dure en son sein. Ce régime a en outre transformé la fermeture du détroit d’Ormuz en une arme stratégique à laquelle il n’entend certainement pas renoncer.
Donald Trump pourrait répéter, au contraire, la tactique qui a été la sienne en juin 2025, puis en février, c’est-à-dire agiter la perspective de négociations réduites à l’exigence d’une reddition iranienne pour faire diversion avant une escalade guerrière. Les Iraniens peuvent tirer cette conclusion de l’offre de dialogue formulée par le président des États-Unis depuis le 23 mars, alors que des forces terrestres américaines convergent vers le Golfe, sans que leurs objectifs aient été divulgués.
Un tel choix serait cependant l’assurance d’un embrasement régional compte tenu de la détermination du régime iranien, convaincu qu’il livre bataille pour sa survie, à répandre le chaos dans l’espoir de faire fléchir le président des États-Unis. Ce dernier doit en effet tenir compte de l’opposition claire de l’opinion publique américaine à sa guerre choisie et à une escalade qui se traduirait par l’envoi de troupes au sol, avec pour cibles des îlots du détroit d’Ormuz ou le terminal pétrolier iranien de l’île de Kharg.
Aucune de ces deux options ne peut être considérée comme pleinement satisfaisante, mais Donald Trump doit résister à la seconde s’il ne veut pas plonger la région dans l’inconnu, et compromettre la suite de son mandat. Les répercussions d’une telle spirale guerrière ne se limiteraient pas au Moyen-Orient. Elles fragiliseraient les économies de nombreux pays pris en otage par cet affrontement. Il est encore temps d’éviter le pire en donnant une chance à la diplomatie.






