
Sébastien Lecornu, ministre des Armées, a annoncé le mercredi 25 mars de nouvelles commandes massives de munitions. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (LPM), dont l’examen parlementaire sera « accéléré » en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement doit présenter au printemps un projet d’actualisation de la LPM, prévoyant l’ajout de 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà alloués pour la période 2024-2030.
La LPM mise à jour sera présentée en conseil des ministres le 8 avril, puis débattue à l’Assemblée nationale la semaine du 4 mai et au Sénat la semaine du 1er juin. M. Lecornu a souligné l’« urgence » de produire des munitions, la France étant l’un des pays européens les plus impliqués dans ce conflit, aux côtés du Royaume-Uni, en raison d’accords de défense classifiés avec plusieurs États du Moyen-Orient.
Pour répondre à cette urgence, M. Lecornu a promis un investissement supplémentaire de 8,5 milliards d’euros en commandes de munitions entre 2026 et 2030, s’ajoutant aux 16 milliards déjà prévus par la LPM votée en 2023. Il a insisté sur le caractère « colossal » et « indispensable » de cet effort, qui représente un effort financier quatre fois plus important que la précédente LPM. Une nouvelle usine de production de drones sera inaugurée prochainement dans l’Essonne, et une plateforme « France Munitions », financée par l’État et des investisseurs privés, verra le jour.
Un plan de soutien de 300 millions d’euros à l’industrie « duale » (civile et militaire) est également prévu. L’actualisation de la LPM prévoit un « nouveau régime “d’état d’alerte de sécurité nationale” » pour une application exceptionnelle du code de la défense, permettant des dérogations ou la facilitation du déploiement des forces armées sur le territoire en cas de menace grave. Cette actualisation fait consensus parmi les députés, qui ont rendu hommage au major Arnaud Frion, décédé en Irak.








