
En février, le Livret A a de nouveau enregistré une décollecte, s’élevant à 740 millions d’euros, poursuivant la tendance observée en janvier. Ce retrait s’explique principalement par la baisse de sa rémunération, passée de 1,7 % à 1,5 % au 1er février 2026. Selon Philippe Crevel, cette sixième décollecte depuis juillet 2025 marque une rupture avec la période de forte collecte initiée en 2020 avec la crise sanitaire. Ce phénomène est d’autant plus notable que le mois de février est généralement propice au Livret A.
Historiquement, de telles décollectes étaient rares ; depuis 2009, seules trois avaient été observées (en 2014, 2015, 2016), la plus importante étant de -910 millions d’euros en 2015, déjà liée à un taux faible (entre 0,5 % et 1,25 %). En comparaison, février 2025 avait connu une collecte nette de 970 millions d’euros.
Face à ce désintérêt, les épargnants se tournent vers des placements plus rémunérateurs. L’assurance-vie, notamment les fonds en euros qui offrent une garantie en capital et un rendement moyen autour de 2,5 %, attire particulièrement. Seul le Livret d’Épargne Populaire (LEP), accessible sous conditions de ressources et bénéficiant d’un taux de 2,5 % (après une baisse à 2,7% au 1er février 2026), a enregistré une collecte positive de 180 millions d’euros en février. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), quant à lui, a maintenu une stabilité de ses encours.
Cependant, un regain d’intérêt pour les livrets réglementés pourrait survenir. La situation géopolitique actuelle, notamment la guerre en Iran, pourrait inciter les ménages à privilégier l’épargne de précaution dès mars, comme constaté lors de précédentes crises. De plus, un retour de l’inflation pourrait, à terme, pousser le gouvernement à augmenter la rémunération de ces livrets, offrant une « bonne nouvelle » pour le Livret A et ses homologues.






