
Un juge fédéral a temporairement suspendu la refonte de la politique vaccinale américaine initiée par le secrétaire à la santé de Donald Trump, Robert Kennedy Jr, figure reconnue pour ses positions vaccinosceptiques. Cette décision, rendue publique le lundi 16 mars par un tribunal du Massachusetts et consultée par l’Agence France-Presse, porte un coup significatif aux initiatives de l’administration Trump en matière de santé publique.
Le magistrat a estimé que le gouvernement américain avait « fait fi » des méthodes scientifiques traditionnellement employées pour justifier de telles modifications, bloquant ainsi plusieurs ajustements apportés aux recommandations et calendriers vaccinaux. Cette suspension découle d’une plainte déposée en juillet 2025 par plusieurs organisations médicales influentes, dont l’Académie américaine de pédiatrie (AAP) et la Société américaine d’infectiologie (IDSA). Ces associations accusaient Robert Kennedy Jr d’avoir enfreint la loi en modifiant les recommandations vaccinales concernant le Covid-19, notamment en déconseillant les vaccins aux enfants et aux femmes enceintes, une annonce faite par le secrétaire à la santé en mai 2025 sur ses réseaux sociaux.
La décision du juge affecte également les changements apportés au calendrier vaccinal par le Comité consultatif sur les pratiques de vaccination (ACIP), dont la composition avait été entièrement remaniée par Robert Kennedy Jr. Ce comité, désormais composé de personnalités souvent critiquées pour leur manque d’expertise ou leur adhésion à des théories vaccinosceptiques, avait notamment cessé de recommander le vaccin contre l’hépatite B à tous les nouveau-nés, une mesure controversée. Le juge a suspendu les activités de l’ACIP, annulant sa réunion prévue cette semaine, soulignant que sur ses quinze membres, seuls six semblaient posséder une expérience significative dans le domaine des vaccins.
L’administration Trump devrait faire appel de cette décision, promettant un long et complexe feuilleton judiciaire. Un porte-parole du ministère de la santé américain a d’ores et déjà exprimé son impatience de voir cette décision annulée. En revanche, Andrew Racine, président de l’AAP, a salué une décision de justice « historique et bienvenue », dénonçant une fois de plus les changements « non fondés et non scientifiques » impulsés par l’administration Trump en matière de vaccins. Robert Kennedy Jr, depuis son entrée en fonction, a initié un vaste réexamen des vaccins, remanié le calendrier des vaccinations pédiatriques et réduit les financements pour le développement de nouveaux vaccins, des mesures unanimement condamnées par la communauté médicale et scientifique.







