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Les élections municipales en Nouvelle-Calédonie ont vu la domination des Loyalistes à Nouméa et son agglomération. Les indépendantistes, divisés entre UNI et FLNKS, enregistrent un recul notable, avec un fort éparpillement des voix. La participation est en légère hausse.

Le premier tour des élections municipales en Nouvelle-Calédonie, qui s’est tenu le dimanche 15 mars, a révélé une nette avance des Loyalistes, la frange dure des non-indépendantistes, particulièrement à Nouméa et dans son agglomération. Ce scrutin a également mis en lumière un recul de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) face au Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

À Nouméa, la maire sortante, Sonia Lagarde, a frôlé la réélection au premier tour, n’étant qu’à huit voix de la majorité absolue avec 49,8 % des suffrages. Alliée aux Loyalistes de Sonia Backès, elle a significativement devancé ses principales concurrentes, Virginie Ruffenach (Le Rassemblement-Les Républicains) et l’alliance Calédonie ensemble-Éveil océanien de Philippe Dunoyer. Les indépendantistes, qui avaient obtenu deux sièges en 2020 pour la première fois, ont souffert de leurs divisions, aucune de leurs trois listes n’ayant réussi à se maintenir.

Dans l’agglomération de Nouméa, marquée par les violences récentes, les Loyalistes ont enregistré des scores très élevés, surpassant même les maires sortants plus modérés au Mont-Dore et à Dumbéa. Du côté indépendantiste, le scrutin a pris l’allure d’un référendum sur l’accord de Bougival. L’UNI avait signé cet accord, contrairement au FLNKS qui l’avait rejeté.

Fait inédit, les deux mouvements indépendantistes ont présenté des listes distinctes dans toutes les communes. Le FLNKS est sorti vainqueur de ce duel, remportant la mairie de Touho dès le premier tour et se trouvant en position favorable dans la majorité des communes de Brousse. Les listes de l’UNI ont clairement été distancées par celles du FLNKS dans l’agglomération de Nouméa. Par ailleurs, Paul Néaoutyine, figure de l’UNI et président de la province nord, s’est retrouvé en difficulté pour la première fois dans sa commune de Poindimié. Opposé à l’accord de Bougival, il brigue un septième mandat à 74 ans mais n’a terminé qu’en deuxième position derrière une liste apolitique.

Le scrutin a été caractérisé par un fort éparpillement des voix : sur 33 communes, seulement huit maires ont été élus dès le premier tour, contre onze en 2020. Le second tour promet donc d’être disputé avec de nombreuses triangulaires et quadrangulaires. La participation a atteint 56,08 %, en hausse par rapport à 2020 (52,87 %), année où le premier tour avait été impacté par la COVID-19 et des intempéries. En 2014, la participation était de 66,86 %.