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Avant la dynastie des Safavides (1499-1722), la culture persane était majoritairement sunnite. La conversion de l'Iran au chiisme a débuté en 1501 sous le Shah Ismaïl. Les liens entre soufisme et chiisme ont favorisé cette transition religieuse majeure.

L’identité iranienne actuelle est fortement liée au chiisme, mais il est souvent oublié que, avant l’avènement de la dynastie des Safavides (1499-1722), la culture persane était majoritairement sunnite. Ce patrimoine, issu de l’Antiquité, a vu des poètes classiques persans et même des mystiques renommés comme Rûmî, Hâfez, Saadi et Jami, adhérer au sunnisme.

La conversion de l’Iran au chiisme s’est initiée en 1501, lorsque le Shah Ismaïl, dans sa capitale Tabriz, a proclamé la prière au nom du douzième imam. Ce dernier, figure emblématique du chiisme, est considéré comme caché depuis le IXe siècle et identifié au Mahdi, le messie attendu avant la fin des temps.

Ismaïl Ier était issu de la famille Safavide, des chefs soufis originaires des rives de la mer Caspienne. Dès le XIVe siècle, on observait une tendance au rapprochement avec le chiisme parmi les groupes soufis les plus rigoureusement sunnites. Cette convergence doctrinale était naturelle, car le soufisme, courant mystique de l’islam axé sur l’exemple des saints et de leurs mausolées pour atteindre la béatitude, partage des similitudes avec le chiisme, qui valorise l’intercession des imams, successeurs du Prophète, et de leurs descendants.

La politique de conversion du Shah Ismaïl a eu un impact historique majeur. Bien que le processus n’ait pas été instantané, la majorité des habitants des territoires de l’actuel Iran et de l’Azerbaïdjan se sont identifiés au chiisme à la fin de l’ère safavide, en 1722. Les dirigeants safavides ont invité des érudits religieux chiites étrangers pour légitimer leur pouvoir et ont œuvré à la construction d’institutions religieuses.