
La question d’une intervention directe du Trésor américain sur les marchés pétroliers pour contrer la flambée des prix, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, a été au cœur des débats lors de la conférence de la FIA à Boca Raton (Floride) du 8 au 11 mars. Une telle perspective a suscité de vives réactions parmi les acteurs majeurs du secteur financier.
Terry Duffy, PDG de CME Group, qui opère le Chicago Mercantile Exchange, un acteur dominant sur les marchés de produits dérivés de matières premières, a catégoriquement rejeté l’idée. Il a averti qu’une implication gouvernementale directe pour influencer le prix du baril pourrait se transformer en une « calamité biblique ». Selon lui, les marchés n’apprécient guère les interventions étatiques, et une telle action saperait la confiance des investisseurs dans la capacité des marchés à fixer les prix des matières premières de manière autonome.
Pourtant, cette hypothèse a bel et bien été discutée au sein de l’administration Trump. Doug Burgum, le secrétaire à l’Intérieur américain, a reconnu le 14 mars que l’idée d’une intervention visant à manipuler et faire baisser les prix avait été envisagée, tout en soulignant qu’une telle démarche « nécessiterait des capitaux énormes » sans détailler les mécanismes d’action envisagés.
Cette situation survient alors que les prix du pétrole ont connu une hausse significative, frôlant les 100 dollars le baril, avec des pointes temporaires atteignant 120 dollars plus tôt dans la semaine, impactant directement les prix de l’essence aux États-Unis. Des rapports indiquent que le Trésor américain envisage diverses mesures, y compris une intervention sur les marchés à terme. L’administration Trump explore des options allant de l’assouplissement des réglementations sur l’approvisionnement pétrolier national à des interventions plus directes sur les marchés énergétiques. Le gouvernement américain a d’ailleurs annoncé la libération de 172 millions de barils de pétrole de sa réserve stratégique pour tenter de réduire les prix.






