
Finis les hoquets et les déceptions en série. À Bercy, la machine à taxer retrouve un rythme de croisière, après deux années où les recettes fiscales s’étaient révélées bien en deçà des prévisions. Cette situation avait d’ailleurs provoqué une intense polémique et la création de deux commissions d’enquête parlementaires. Les statistiques publiées ce mardi 10 mars par le ministère de l’Économie et des Finances confirment le retour à une dynamique plus conforme aux attentes en 2025. Cette nouvelle est d’autant plus bienvenue que la guerre en Iran et le risque d’un choc pétrolier pourraient mettre à rude épreuve les comptes publics.
En 2025, les recettes fiscales nettes recouvrées par la Direction générale des finances publiques ont progressé de 7,1 %, atteignant 610 milliards d’euros, et de 6,8 % à périmètre inchangé (hors accises sur les tabacs et alcools). Cette hausse est plus de trois fois supérieure à la croissance économique, qui n’a pas excédé 2 %, inflation comprise. C’est un renversement complet par rapport aux années précédentes, où les recettes fiscales avaient augmenté plus lentement que l’activité économique, déjouant les anticipations de Bercy.
Au total, les prélèvements obligatoires devraient représenter 43,7 % du produit intérieur brut en 2025, contre 42,8 % l’année précédente, selon les prévisions du gouvernement. Cette forte augmentation « contraste avec la quasi-stabilité attendue par la Commission européenne » dans les autres pays de la zone euro, comme l’a souligné la Cour des comptes en février. La France devrait ainsi rester, avec le Danemark, le pays européen où les prélèvements obligatoires sont les plus massifs.
La nouvelle dynamique des recettes en 2025 s’explique d’abord par les bons résultats des impôts existants. Sans modification législative, l’impôt sur le revenu a rapporté 95 milliards d’euros en un an, soit une augmentation de 7,9 % par rapport à l’année précédente, grâce à l’accroissement des revenus des contribuables. La reprise du marché de l’immobilier a également entraîné une forte hausse des taxes sur les transactions (+ 18 %), d’autant plus que plus de 70 départements, tels que les Bouches-du-Rhône, le Calvados, la Gironde, le Rhône et Paris, ont relevé leur taux d’imposition.






