
Alors que le conflit militaire opposant les États-Unis et Israël à l’Iran en est à son sixième jour, les acteurs économiques sont de plus en plus préoccupés par sa prolongation. La contre-offensive iranienne, qui vise les pays du Golfe, a gravement perturbé le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour le pétrole et le gaz au niveau mondial.
Il est encore prématuré de parler d’une crise économique majeure, mais le scénario d’un choc énergétique aux effets « stagflationnistes » (combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance économique stagnante) se précise. Selon Bruno De Moura Fernandes de Coface, les marchés commencent à anticiper une durée de conflit plus longue que prévu. Mabrouk Chetouane de Natixis confirme que la durée du conflit est le paramètre clé, soulignant qu’il s’agit pour l’instant d’un choc temporaire plutôt que d’une crise durable.
Les répercussions sur les marchés sont déjà visibles : le CAC40 a enregistré une baisse de 4,7 % depuis lundi, le prix du gaz en Europe a bondi de 50 %, et le baril de Brent a augmenté de 12 %. Sur l’année, la hausse des hydrocarbures est encore plus spectaculaire, avec +35 % pour le pétrole et +93 % pour le gaz. Environ un cinquième du pétrole consommé mondialement et 20 % des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz, ce qui accentue les craintes d’une perturbation prolongée.
Les experts s’accordent à dire que la fermeture ou la perturbation prolongée du détroit d’Ormuz pourrait avoir des conséquences économiques et environnementales désastreuses, notamment pour l’Asie, principale destination des exportations de la région. Bien que l’OPEP+ ait décidé d’augmenter sa production, l’impact de cette mesure reste limité face à un éventuel blocage du détroit.






