
L’application provisoire du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, annoncée unilatéralement par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a provoqué une onde de choc, notamment en France. Cette décision, survenue en plein Salon de l’Agriculture, a été qualifiée de « déni démocratique » par les syndicats et les politiques.
Malgré l’émotion, la mobilisation sur le terrain syndical ne semble pas être la priorité immédiate. La FNSEA, par exemple, a indiqué ne pas prévoir de mobilisation nationale, l’heure étant davantage aux travaux agricoles. Cependant, la France a exprimé sa ferme opposition à cet accord, craignant un affaiblissement de plusieurs filières agricoles, notamment l’élevage bovin, la volaille, le sucre et l’éthanol.
Le président français Emmanuel Macron a qualifié cette initiative de « mauvaise surprise » et de « manque de respect » envers le Parlement européen. En effet, le Parlement européen avait déjà voté pour soumettre l’accord à l’examen de la Cour de justice de l’Union européenne, ce qui pourrait retarder sa pleine mise en œuvre de plusieurs années. Toutefois, la Commission européenne a le pouvoir d’appliquer provisoirement certaines parties de l’accord avant l’approbation complète.
Face à ce passage en force, la France cherche toujours à organiser sa riposte. Un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne reste une option, mais seul un État membre peut le déposer. Le gouvernement français a souligné son engagement à maintenir les protections pour les agriculteurs et la santé publique, promettant une surveillance accrue des secteurs sensibles et l’application de clauses de sauvegarde.






