
L’eurodéputée insoumise Rima Hassan a été relaxée par le tribunal correctionnel de Strasbourg suite à une plainte pour injure publique. La plainte avait été déposée par Pernelle Richardot, une élue socialiste locale, après de vifs échanges sur les réseaux sociaux. L’affaire trouve son origine en novembre 2024, lorsque l’université de Strasbourg a refusé d’accueillir une conférence sur la Palestine animée par Rima Hassan.
Pernelle Richardot avait alors réagi sur X (anciennement Twitter), saluant cette interdiction et qualifiant la décision de l’université de « courageuse ». Elle avait ajouté : « Il est temps que notre université arrête de servir de tribune aux soutiens de groupuscules islamistes! ». En réponse, Rima Hassan avait répliqué sur le même réseau social en traitant Pernelle Richardot d’« islamophobe assumée » et de membre de « la gauche coloniale », concluant par un menaçant « Personne n’oubliera ».
Pernelle Richardot avait exprimé lors de l’audience du 10 décembre que ces propos étaient d’une « violence inouïe » et qu’ils l’avaient « fait peur, ainsi que son entourage ». Malgré la qualification d’injure publique des propos de Rima Hassan, le tribunal a estimé qu’ils s’inscrivaient dans le cadre d’un « débat public et politique entre deux élues », où les termes outrageants sont « régulièrement employés », et n’ont pas « dépassé les limites de la liberté d’expression ».
L’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, s’est dit « particulièrement satisfait » de cette décision, estimant que les magistrats avaient su « résister face à ce qui s’apparente à une tentative de criminalisation de la parole » de sa cliente. L’avocate de Pernelle Richardot, Sabrina Goldman, a exprimé sa « grande déception », considérant que sa cliente s’était « fait mettre une cible dans le dos » pour avoir dénoncé l’« extrémisme » de Rima Hassan.






