
Depuis deux décennies, le milliardaire Peter Thiel s’est imposé comme une figure idéologique majeure au sein de la tech américaine. Investisseur et libertarien affirmé, il utilise sa fortune pour promouvoir ses idées, notamment son aversion pour les progressistes et son scepticisme envers la démocratie. Son objectif politique est la réduction de l’État, et il diffuse ses concepts auprès des personnalités les plus influentes, des autres milliardaires de la Silicon Valley à l’administration Trump.
Les idées libertariennes, bien que toujours considérées comme marginales, gagnent en popularité dans le secteur technologique américain. Thiel, cofondateur de PayPal, a clairement indiqué en 2009 qu’il ne croyait plus à la compatibilité entre la liberté individuelle et la démocratie. Pour lui, la démocratie libérale est un système trop faible face aux défis du 21e siècle, plaidant pour un système où la technologie remplacerait la politique et où l’efficacité primerait sur la responsabilité.
Son influence s’étend à travers des investissements stratégiques, notamment en cofondant Palantir Technologies, une entreprise qui fournit des logiciels d’analyse de données aux agences gouvernementales américaines. Il a également été le premier investisseur externe de Facebook. Son soutien à Donald Trump en 2016 a été un tournant, le plaçant comme un conseiller proche de l’ancien président.
Thiel finance activement des initiatives et des candidats qui partagent ses vues, comme JD Vance, l’actuel vice-président, et a investi des millions dans des campagnes sénatoriales. Ses critiques se concentrent sur la surréglementation et l’intervention étatique, qu’il perçoit comme des freins à l’innovation et à la liberté.
Les analystes soulignent que l’idéologie de Thiel, bien que souvent qualifiée de libertarienne, a évolué vers une forme qui valorise l’efficacité, le profit et un certain type d’ordre, au détriment de la démocratie. Son réseau d’influence s’étend désormais du monde de la tech à la Maison Blanche, faisant de lui une figure centrale dans la redéfinition du paysage politique américain.






