paris-metro-night
La proposition d'Emmanuel Grégoire de rendre le métro parisien opérationnel 24h/24 pour certaines lignes soulève des questions de faisabilité. Maintenance, coûts élevés et faible demande nocturne sont les principaux défis à surmonter.

La proposition d’Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, de faire circuler certaines lignes de métro automatiques 24h/24, suscite le débat. Cette mesure, visant à accroître l’« attractivité » de la capitale et la « justice sociale », se heurte néanmoins à des défis majeurs.

Actuellement, le métro parisien fonctionne généralement de 5h30 à 1h15 du matin en semaine, et jusqu’à 2h15 les vendredis, samedis et veilles de fêtes. Des villes comme Berlin, Londres ou New York proposent déjà des services de métro nocturnes sur certaines lignes, un argument souvent avancé par les défenseurs de l’extension des horaires à Paris.

Le principal obstacle à cette initiative réside dans la maintenance du réseau. Les opérations d’entretien des voies et des installations sont majoritairement effectuées la nuit, entre le dernier et le premier métro. Un service continu compliquerait ces travaux essentiels, potentiellement au détriment de la fiabilité du réseau.

Le coût représente également un frein significatif. L’ouverture du métro 24h/24 est estimée à plusieurs centaines de millions d’euros par an (environ 400 à 500 millions d’euros selon différentes sources). Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports, serait la principale décisionnaire et devrait en supporter le financement. De plus, une étude du STIF datant de 2016 suggérait que la demande de transport après minuit était relativement faible, remettant en question la rentabilité d’un tel investissement.

Malgré ces obstacles, les partisans du métro de nuit mettent en avant les bénéfices potentiels : une meilleure mobilité pour les travailleurs nocturnes (personnel hospitalier, livreurs, etc.), une réduction du recours aux taxis et VTC, ainsi qu’un renforcement de la vie nocturne parisienne. La sécurité des usagers, notamment des femmes, est aussi un argument clé en faveur de transports publics fiables et accessibles à toute heure.

En attendant une éventuelle évolution des horaires, le réseau de bus nocturnes, le Noctilien, reste l’alternative principale pour se déplacer dans le Grand Paris durant la nuit.