
Après près d’un an de concertation, Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la transition écologique, a dévoilé les trois axes majeurs de la réforme de la collecte et du recyclage des produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB). Cette refonte vise à améliorer le maillage territorial des points de reprise, à réduire les coûts de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) et à optimiser la gouvernance de la filière.
Lancée en mars 2025 par Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la transition écologique, cette « refondation » était devenue impérative face aux critiques des professionnels du secteur, qui jugeaient le dispositif initial inadapté et complexe. La filière génère annuellement 42 millions de tonnes de déchets, d’où l’urgence d’une révision.
Le ministère a précisé que le maillage territorial s’appuiera prioritairement sur les déchetteries professionnelles, les distributeurs volontaires et les déchetteries publiques, sous l’égide des conseils régionaux. Les zones insuffisantes bénéficieront de soutiens financiers additionnels des éco-organismes. Un fonds pour le traitement des dépôts sauvages, alimenté par les éco-contributions, sera également créé.
Pour maîtriser les coûts, la réforme concentrera les moyens financiers des éco-organismes sur les matériaux « non matures » (laines de verre, plastique, huisseries, membranes bitumeuses…), nécessitant un soutien accru pour structurer leur économie de recyclage, contrairement aux matériaux « matures » (inertes, métal, bois, plâtre).
La gouvernance sera renforcée par la fixation d’un délai maximal entre la signature d’un contrat type par une collectivité et la mise en place effective des soutiens. Les enveloppes dédiées à la communication et à la recherche et développement seront supprimées au profit d’une logique d’obligation de résultat. La Capeb, fédération des artisans du bâtiment, a salué ces « avancées concrètes », notamment le maillage territorial « enfin adapté », tout en restant vigilante quant à une mise en œuvre rapide des engagements. Cette filière, prévue par la loi antigaspillage (loi AGEC) et lancée fin 2022, répond à un enjeu environnemental et sociétal majeur.






