
L’engagement syndical a profondément marqué l’enfance de Morgane Lahlou-Manière. Dès son plus jeune âge, elle a suivi sa mère lors des manifestations, l’a aidée à distribuer des tracts et l’a accompagnée aux réunions à la mairie de Dole. Ces expériences ont façonné sa perception du monde et l’ont sensibilisée aux questions sociales. Elle se souvient avec émotion des dessins qu’elle préparait à 13 ans pour les cortèges, des discussions animées autour des barbecues lors des assemblées générales, et de ces repas de famille où la politique était un sujet de conversation naturel. Aujourd’hui, à 25 ans, Morgane est elle-même encartée à la Confédération générale du travail (CGT), mais elle est confrontée à la question de savoir si elle doit revendiquer son militantisme sur son lieu de travail, une interrogation fréquente pour les jeunes engagés.
Depuis trois générations, le syndicalisme est une tradition familiale chez les Manière. Pour Raphaëlle, la mère de Morgane, cet engagement est « venu culturellement », influencé par les souvenirs de ses grands-parents résistants. Dès le milieu des années 1980, elle a milité activement au lycée au sein de la Jeunesse communiste, suivant les traces de ses parents, également membres du Parti communiste français (PCF). Ces moments de militantisme étaient empreints de joie, marqués par les « grosses manifestations » à Paris organisées par le Mouvement pour la paix et la vente de « L’Huma » chaque dimanche matin devant la boulangerie. Raphaëlle se remémore également avoir accompagné sa mère, trésorière de la section du PCF, pour récolter les timbres des cotisations, des instants qui ont renforcé son propre engagement.








