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Le FSB russe a reçu 150 000 signalements citoyens en 2025 pour trahison et terrorisme. Cyril Gelibter, expert en renseignement, y voit un durcissement sécuritaire et une stratégie de répression.

Les services secrets russes, le FSB, ont révélé avoir enregistré près de 150 000 signalements de citoyens pour des soupçons de trahison ou de terrorisme en 2025. Cette annonce, analysée par Cyril Gelibter, expert en renseignement russe, témoigne d’un durcissement sécuritaire notable en Russie. Gelibter, docteur en histoire et auteur d’une thèse sur le renseignement et la politique, souligne que cette démarche du FSB vise à légitimer son action et à encourager les citoyens à collaborer activement.

Depuis 2022, la Russie a considérablement élargi le champ d’application des qualifications de terrorisme, transformant cette accusation en un puissant instrument de répression. Le FSB, qui publiait auparavant un bilan annuel de ses activités jusqu’en 2008, mettait déjà en avant son « téléphone de la confiance », une ligne directe permettant de dénoncer des cas de trahison ou de terrorisme. Ce mécanisme est réactivé et amplifié, servant à montrer que le FSB est actif et que la participation citoyenne est encouragée.

Ce contexte de surveillance accrue et d’incitation aux signalements par les citoyens s’inscrit dans une logique de renforcement du contrôle étatique. L’objectif est clair : créer un climat où les citoyens se sentent non seulement autorisés, mais aussi encouragés à communiquer des informations aux services de sécurité, consolidant ainsi le pouvoir du FSB et la répression des voix dissidentes ou perçues comme une menace pour l’État.