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Trente-quatre Australiens, proches de djihadistes, ont été libérés du camp de Roj en Syrie avant d'être contraints d'y retourner. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a refusé toute aide au rapatriement, citant la menace à la sécurité nationale et soulignant la politique de fermeté de son gouvernement.

Trente-quatre ressortissants australiens, dont des proches de djihadistes, ont été temporairement libérés du camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie, le lundi 16 février, avant d’y être reconduits en raison de problèmes administratifs. Ces individus, membres de onze familles, devaient initialement partir pour Damas après avoir été remis à leurs proches venus d’Australie. Toutefois, une « mauvaise coordination » entre les familles et le gouvernement syrien a empêché leur départ, a expliqué Rachid Omar, un responsable du camp. Des démarches sont en cours pour tenter de régulariser la situation.

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a réaffirmé la position ferme de son gouvernement mardi, déclarant qu’aucune aide ne serait fournie à ces 34 ressortissants. Il a cité un vieil adage pour illustrer son point de vue : « Quand on fait son lit, c’est pour y coucher. » M. Albanese a exprimé son manque de « sympathie » envers ceux qui se sont rendus à l’étranger pour soutenir l’établissement d’un califat, visant à détruire le mode de vie australien. Il a toutefois reconnu la situation « malheureuse » des enfants impliqués, mais a maintenu que l’Australie n’apporterait aucune assistance. Une fois ces individus partis, il ne devrait plus y avoir d’Australiens détenus par les autorités kurdes.

Les forces kurdes continuent de gérer le camp de Roj, qui abrite principalement des étrangers liés à des djihadistes, y compris des Occidentaux. En janvier, elles s’étaient retirées du camp plus vaste d’Al-Hol, désormais sous le contrôle de Damas, ce qui a entraîné la fuite de milliers de femmes et d’enfants de djihadistes étrangers vers une destination inconnue. Le ministère australien des Affaires intérieures a averti que tout ressortissant australien de retour au pays et ayant enfreint la loi ferait l’objet de poursuites judiciaires, après une évaluation au cas par cas.

Le rapatriement des épouses de membres de l’État islamique divise l’Australie. Certains responsables politiques y voient une menace pour la sécurité nationale, tandis que des organisations non gouvernementales, comme Save the Children Australia, plaident pour une assistance à ces citoyennes détenues dans des conditions qualifiées d’« épouvantables ». En 2023, Save the Children Australia avait même déposé une plainte pour demander le rapatriement de 11 femmes et 20 enfants.