
La mort de Quentin Deranque, survenue le samedi 14 février à Lyon, deux jours après avoir été violemment frappé lors d’affrontements, met en lumière un climat politique particulièrement tendu. Personne ne devrait perdre la vie pour ses opinions en France, un principe fondamental de toute société démocratique qu’il est alarmant de devoir rappeler.
Militant d’extrême droite et étudiant de 23 ans, Quentin Deranque a été agressé par « au moins six individus » masqués et encagoulés le jeudi précédent. L’incident s’est produit en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (LFI). L’autopsie a révélé des « lésions à la tête », jugées « mortelles à brève échéance », confirmant que Quentin Deranque a été battu à mort. L’enquête est ouverte pour « homicide volontaire » et « violences aggravées ».
Ce meurtre, commis au nom d’idéaux de gauche, est une tache sur les combats progressistes et humanistes, offrant un martyr aux adversaires. Il ne doit pas faire oublier que l’extrême droite compte également des partisans virulents de la violence. Le gouvernement pointe du doigt l’« ultragauche » et le groupuscule la Jeune Garde, proche de LFI.
Ces événements sont indissociables du contexte lyonnais où les exactions de groupuscules d’extrême droite ont longtemps été tolérées, entraînant la mobilisation de militants d’extrême gauche. La montée des affrontements a été aggravée par le refus de l’ancien maire, Gérard Collomb, d’affronter les activistes d’extrême droite. La présence de hooligans identitaires liés à l’Olympique lyonnais a également contribué à cette escalade. Par ailleurs, la politique de « dédiabolisation » de Marine Le Pen a conduit les éléments les plus radicaux du Rassemblelement national vers des groupuscules, renforçant ces derniers et provoquant la riposte des antifas.
À l’approche des élections et face à un exécutif affaibli, le drame de Lyon assombrit le paysage politique et souligne la nécessité d’un sursaut démocratique. La rhétorique du « eux ou nous » et la stratégie du chaos, amplifiées par les réseaux sociaux, mènent à des impasses mortifères. Recourir à la violence revient à servir les intérêts de ceux qui cherchent à détruire la démocratie, un idéal conçu précisément pour sortir les sociétés de la violence.






