
L’Assemblée nationale a récemment voté en première lecture l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) pour combattre le vol à l’étalage dans les commerces et centres commerciaux. Cette décision, adoptée le lundi 16 février par 60 voix contre 13, marque une avancée pour cette technologie controversée. Le texte, soutenu par la majorité et des partis de droite, doit maintenant être examiné par le Sénat. Il vise à lutter contre un « véritable fléau économique » : le vol à l’étalage, qui peut engendrer des pertes significatives pour les commerçants.
La proposition de loi, initiée par le député Paul Midy, permettrait l’analyse en direct des flux vidéo des caméras de surveillance par des logiciels d’intelligence artificielle. Ces derniers seraient capables de détecter les gestes suspects et d’alerter les gérants de magasin, leur offrant ainsi la possibilité d’intervenir. L’entreprise française Veesion est un acteur majeur de cette technologie, affirmant équiper plus de 5 000 magasins dans 25 pays et détecter « 100 000 gestes suspects » par mois. Cependant, en 2024, la CNIL a jugé la solution de Veesion non conforme au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), une décision initialement contestée par l’entreprise, qui a depuis abandonné sa procédure judiciaire tout en maintenant son désaccord avec l’analyse de la CNIL.
Le cadre de cette nouvelle expérimentation, prévue jusqu’à fin 2027, intègre plusieurs garde-fous. L’utilisation de la VSA nécessitera une autorisation préfectorale et une « analyse d’impact » sur les données personnelles. L’efficacité de la vidéosurveillance algorithmique a été remise en question, notamment par un comité d’évaluation lors de son déploiement pendant les Jeux olympiques de Paris 2024, qui a souligné des résultats mitigés et des dysfonctionnements techniques. Malgré ces incertitudes, les pouvoirs publics semblent enclins à étendre l’usage de cette technologie.







