
La nomination d’Amélie de Montchalin, ancienne ministre des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes a suscité une vive controverse. Si ses compétences ne sont pas remises en cause, la question de son indépendance, à juger des mesures qu’elle a elle-même promues, interroge. Cette situation, bien que potentiellement temporaire, met en lumière un phénomène plus large au sein des institutions françaises.
Ce scandale révèle une pratique courante : le parachutage clientéliste d’ex-ministres ou de proches du pouvoir à la tête d’institutions « indépendantes », certaines dotées de pouvoirs juridictionnels. De nombreux exemples abondent, de la Commission de régulation de l’énergie à l’Autorité des marchés financiers, où des personnalités issues du sérail politique ou économique occupent des postes clés.
Le développement des « autorités administratives indépendantes » (AAI) est un signe de la transformation de l’État. Des décisions importantes sont ainsi soustraites à la délibération démocratique. Le problème réside moins dans les individus que dans les procédures de nomination, qui tendent à promouvoir une orientation unique en matière de politique économique et sociale. La Cour des comptes, bien que plus ancienne que les AAI, n’échappe pas à cette évolution, passant d’un rôle de juge des comptes à celui d’évaluateur des politiques publiques.







