
En 2025, le Parquet National Antiterroriste (PNAT) a enregistré un nombre de procédures ouvertes « au plus haut depuis cinq ans », avec 532 procédures toujours en cours au 31 décembre. La menace djihadiste demeure prépondérante, représentant environ 87% des procédures suivies par le PNAT, un chiffre similaire à l’année précédente. Les arrestations ont été quasi mensuelles tout au long de l’année.
Selon Olivier Christen, procureur national antiterroriste, et Alexandre Rodde, chercheur au Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale (CRGN), sept attentats ont été déjoués en 2025 grâce à l’action de la DGSI, tous liés au djihadisme. Cependant, le terrorisme djihadiste a également causé trois attentats, entraînant la mort de deux personnes et faisant neuf blessés. Ces attaques incluent l’agression à l’arme blanche à Apt en janvier, l’attaque contre des policiers municipaux à Mulhouse en février, et l’assassinat d’un influenceur chrétien à Lyon en septembre.
La mouvance djihadiste se métamorphose. Les actes coordonnés sont moins fréquents ; la majorité des actions violentes sont désormais le fait d’individus isolés, s’inspirant de la propagande diffusée en ligne. Le nombre de départs vers des zones de djihad continue de décroître depuis 2017. Parallèlement, le PNAT note un rajeunissement des personnes mises en examen, avec 22 mineurs impliqués en 2025, soit un tiers des procédures ouvertes. Une section spécifique pour les mineurs a été créée en mai 2025 pour mieux suivre cette tendance.
L’année 2025 a également été marquée par une « montée en intensité du terrorisme d’ultra-droite ». Cinq informations judiciaires ont été ouvertes et trois attentats déjoués. Le PNAT qualifie l’assassinat d’un ressortissant tunisien à Puget-sur-Argens en mai comme le « premier attentat mortel ultra-droite depuis plusieurs décennies ». De nouveaux profils terroristes émergent, tels que les néofascistes, les suprémacistes blancs, les accélérationnistes, les complotistes, les survivalistes et les Incels. Pour 2026, l’anticipation porte sur le développement de ces mouvances, potentiellement facilitées par les avancées technologiques comme l’intelligence artificielle et l’impression 3D d’armes.







