
La secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Kristi Noem, est au cœur d’une vive controverse. Après la destitution de Gregory Bovino, chef de la police de l’immigration (ICE), les projecteurs se tournent vers l’ex-gouverneure du Dakota du Sud, un temps pressentie comme colistière de Donald Trump. Elle est accusée d’être responsable des conséquences tragiques d’opérations anti-immigration illégale à Minneapolis. Le 7 janvier, Renée Good a été tuée au volant de sa voiture par un membre de l’ICE, tandis qu’Alex Pretti a été abattu par des agents fédéraux le 24 janvier lors de manifestations contre l’agence.
Kristi Noem, fervente supportrice de l’ICE dont elle a renforcé les effectifs, s’est distinguée par des déclarations choquantes. Elle a qualifié l’acte de Renée Good de « terrorisme intérieur », affirmant que la victime avait tenté de percuter des agents. Concernant Alex Pretti, elle a déclaré, contre toute évidence, qu’il avait « attaqué » des policiers et « brandissait » une arme, sapant de fait toute enquête indépendante. Ces prises de position ont suscité l’indignation, y compris parmi certains partisans de la Maison-Blanche.
Au sein du parti républicain, des voix dissonantes commencent à s’élever. Le sénateur de l’Utah, John Curtis, a exprimé sa désapprobation face à la réaction prématurée du DHS. Le représentant de New York, Andrew Garbarino, a demandé l’audition des directeurs de l’ICE et d’autres agences sous la direction de Kristi Noem. Officiellement, Noem conserve la confiance du Bureau ovale, mais l’envoi de Tom Homan, le « Tsar des frontières », pour superviser les opérations de l’ICE à Minneapolis suggère que Donald Trump pourrait chercher à modifier l’approche face à cette situation politiquement explosive. Des rumeurs évoquent même un possible remplacement de Noem et de son conseiller, Corey Lewandowski, une désescalade inédite.
À un an des élections de mi-mandat, la situation est brûlante. L’indignation publique se traduit dans les sondages, montrant une désapprobation croissante de la politique migratoire présidentielle et de l’ICE, même chez l’électorat républicain. Du côté démocrate, les appels à la démission de Kristi Noem se multiplient. Une motion de destitution, déposée par la représentante de l’Illinois, Robin Kelly, a déjà recueilli 146 signataires. Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat, a qualifié Noem de « menteuse, incompétente, vicieuse » et a demandé son licenciement, tandis que les sénatrices Jacky Rosen et Elizabeth Warren ont également exigé son départ. Malgré cela, la majorité républicaine à la Chambre rend peu probable une destitution parlementaire.






