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Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, critique vivement les actions de Donald Trump, affirmant que les États-Unis « n’aiment pas l’Europe ». Elle souligne une crise profonde dans la relation transatlantique, incitant l'Europe à renforcer son autonomie et son unité face aux provocations et à la nouvelle stratégie de défense américaine moins engageante.

De retour de Kiev, Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, a vivement réagi dimanche aux récentes déclarations de Donald Trump, soulignant que « la crise n’est pas derrière nous ». Les actions et propos du président américain, notamment la menace de prise de contrôle sur le Groenland et le mépris affiché pour l’engagement européen en Afghanistan, ont été jugés « inacceptables » et ont mis en lumière une relation transatlantique tendue.

Alice Rufo a insisté sur le fait que les États-Unis de Donald Trump n’avaient « pas eu un comportement d’allié », dénonçant les « insultes » présidentielles niant les sacrifices des soldats européens en Afghanistan. Elle a affirmé qu’« il y aura un avant et un après » cette période, exprimant une inquiétude face à la menace russe et à l’instabilité de la relation transatlantique. Selon elle, les Européens sont contraints de prendre leur destin en main, car les États-Unis de Trump « n’aiment pas l’Europe », notamment en tant qu’« espace où le droit est respecté ». Elle a ajouté qu’il existe une marge significative entre faire partie d’une alliance et se comporter comme un allié, appelant les Européens à sortir « plus lucides » de cette séquence diplomatique.

Face à cette pression américaine, l’« unité européenne est une nécessité », a estimé la ministre déléguée. Les Européens et l’OTAN ont d’ailleurs renforcé leur considération pour la sécurité au-delà du cercle polaire, la France annonçant un « renforcement » de sa présence militaire en Arctique. Cette démarche vise à montrer que l’Europe assume sa « part du fardeau », même si la zone arctique n’est pas une priorité sécuritaire directe actuellement, malgré les préoccupations américaines concernant la Russie et la Chine.

La relation transatlantique est effectivement en crise profonde. La récente stratégie de défense nationale des États-Unis confirme un soutien « plus limité » aux alliés européens, qui devront prendre les devants face aux menaces. Ce document exprime clairement les priorités américaines, privilégiant la sécurité intérieure et la maîtrise de la Chine. Si certains à l’OTAN espèrent un maintien de l’engagement américain en cas de crise, le doute s’est installé, fragilisant la cohésion politique de l’Alliance. Des experts estiment que « la relation transatlantique traditionnelle est morte » et qu’une « nouvelle relation va se construire », potentiellement caractérisée par une confrontation politique.